On estime que plus de 70% des cas de BPCO ne sont pas diagnostiqués.
La BPCO, broncho-pneumopathie chronique obstructive est une maladie respiratoire qui est une des conséquences graves du tabagisme.
La journée mondiale sans tabac 2019 a pour thème « Tabac et santé pulmonaire », c’est donc l’occasion de sensibiliser le grand public et les professionnels de santé sur cette maladie. L’objectif est notamment de favoriser le diagnostic précoce de la BPCO pour permettre une meilleure prise en charge des patients.

La BPCO, qu’est-ce que c’est ?

La BPCO est une maladie inflammatoire des bronches qui se traduit par une réduction chronique et non complètement réversible des débits aériens. Elle est due, dans la majorité des cas, au tabagisme. Elle peut s’aggraver progressivement et évoluer vers une insuffisance respiratoire chronique. L’évolution progressive peut également être marquée par des exacerbations (épisodes d’aggravation des symptômes).
En l’absence d’une prise en charge adaptée, la BPCO peut être à l’origine d’un lourd handicap pour les personnes touchées. Elle reste cependant largement méconnue de la population et son diagnostic n’est souvent porté qu’à un stade avancé de la maladie.

Repérer les patients à risque de BPCO

  • Vos patients âgés de plus de 40 ans ont-ils été exposés à un facteur de risque de BPCO ?
    • Le risque de BPCO augmente avec la quantité de tabac fumé. Les personnes ayant une exposition cumulée au tabac de plus de dix paquets-années au tabac (c'est-à-dire au moins un paquet par jour pendant 10 ans, ou deux paquets par jour pendant 5 ans), qu’elles aient arrêté de fumer ou qu’elle fument toujours, sont considérées comme particulièrement exposées au tabac.
    • Sont également considérés comme à risque les personnes ayant été exposées, dans le cadre de leur profession, à des poussières, fumées, gaz ou vapeurs.
  • Si ces patients présentent également des symptômes de bronchite chronique (toux et expectoration pendant au moins 3 mois par an depuis au moins 2 années consécutives), des bronchites à répétitions ou encore une dyspnée (essoufflement, impression de manquer d'air quand on monte un escalier ou qu'on marche rapidement, alors que les personnes du même âge ne sont pas essoufflées pour un même effort)
  • alors des examens complémentaires s’imposent.

Pour vous guider, la Haute Autorité de santé a conçu un questionnaire permettant de repérer les personnes à risque de BPCO et un guide de parcours de soins.

Votre patient est à risque de BPCO, que faire ?

Il faut rechercher une BPCO et réaliser une mesure de la fonction respiratoire par spirométrie, incluant un test de bronchodilatation.

  • Vous êtes son médecin traitant, vous êtes équipé d’un spiromètre et avez été formé à la réalisation de la spirométrie, vous pouvez réaliser cet examen.
    Si vous n’êtes pas équipé d’un spiromètre, votre patient doit être adressé à un pneumologue qui pourra réaliser cet examen.
  • Vous n’êtes pas son médecin traitant :
    Conseillez à votre patient de parler de ses symptômes respiratoires avec son médecin traitant afin qu’un bilan complet incluant une spirométrie puisse être effectué. Mieux, si vous êtes en équipe de soins coordonnées, vous pouvez aussi faire gagner du temps à votre patient. Après le lui avoir proposé, présentez le dossier au médecin de l’équipe si c’est également son médecin traitant afin qu’il prenne au plus vite les dispositions nécessaires.
  • Si votre patient fume, c’est aussi le moment d’évoquer avec votre patient un arrêt du tabac, indispensable pour ralentir l’évolution de la maladie. Vous pouvez accompagner votre patient dans sa démarche d’arrêt du tabac, l’orienter vers un professionnel de santé à même de prescrire des traitements de substitution nicotiniques (médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme, infirmier, masseur-kinésithérapeute) ou Tabac info service : le 3989, l’application ou tabac-info-service.fr.
    > En savoir plus

Cliquez sur le lien YouTube pour ouvrir la vidéo dans une nouvelle page

Pour plus d'informations sur la BPCO, rendez-vous : lesouffle.org

Chiffres clés et constat

  • Selon l’OMS, la BPCO devrait devenir la 3e cause de décès dans le monde en 20301 . En France, on estime qu’entre 5% et 10 % des adultes d’âge moyen auraient une BPCO.
  • Malgré son coût élevé en matière de morbidité et de mortalité, la BPCO2 est une maladie méconnue3  : au sein de la population adulte française, seule une personne sur cinq connait le terme de BPCO (ou bronchopneumopathie chronique obstructive), et seul 7 % de la population identifie le tabac comme étant la cause principale.
  • Le sous-diagnostic de la BPCO est très élevé, le diagnostic n’étant souvent porté qu’à à un stade avancé4 . En effet, les symptômes de bronchite chronique sont souvent banalisés par les fumeurs et par le corps médical (toux du fumeur) et la dyspnée s’installant insidieusement, les personnes adaptent progressivement leurs activités. En France, on estime que plus de 70% des cas de BPCO ne sont pas diagnostiqués.

1World Health Organization. Burden of COPD. WHO 2018.[Internet] http://www.who.int/respiratory/copd/burden/en/
2Quach A, Giovannelli J, Cherot-Kornobis N, Ciuchete A, Clement G, Matran R, et al. Prevalence and underdiagnosis of airway obstruction among middle-aged adults in northern France: The ELISABET study 2011-2013. Respir Med.2015;109(12):1553-61.
3Delmas MC, Pasquereau A, Roche N, Andler R, Richard JB, et le groupe Baromètre sante 2017. Connaissance de la broncho-pneumopathie-chronique obstructive (BPCO) en France : Baromètre sante 2017. Bull Epidemiol Hebd. 2018;(35-36):703-8.
4Buist AS, McBurnie MA, Vollmer WM, Gillespie S, Burney P, Mannino DM, et al. International variation in the prevalence of COPD (the BOLD Study): A population-based prevalence study. Lancet. 2007;370(9589):741-50.